Communiqué : La France, pays des droits de l’Homme ?

Le traitement accordé aux étranger-e-s est un révélateur du degré de démocratie dans un pays. L’afflux – très relatif – de réfugié-e-s à notre frontière avec l’Italie a été de nouveau le prétexte du rejet de l’Autre, jusqu’à insinuer que, parmi les rescapé-e-s des naufrages, pourraient se cacher des jihadistes.

Peu importe leur nombre infime, comparé à celui accueilli par les pays limitrophes de leurs tragédies nationales (Liban : 1,5 million, Turquie:1,5 million, Jordanie :800 000), la France refuse de prendre la moindre part dans l’accueil de cette « misère du monde », qu’elle contribue pourtant largement, avec les gouvernements des pays riches, à causer.

En période de crise, encore une occasion de détourner l’attention, de chercher des bouc-émissaires, de stigmatiser les étranger-e-s et, ne pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles ces hommes et ces femmes fuient leurs pays.

Ainsi, E.CIOTTI, accréditant les fantasmes identitaires du « Grand Remplacement » de Renaud CAMUS, veut en finir avec le « droit du sol » pour les non-européen-ne-s pour lui substituer le « droit du sang ». Reprenant à son compte le thème de la préférence nationale, il propose de « rendre notre modèle social moins attractif pour les étrangers ». Une fois de plus, la droite dite républicaine montre son vrai visage : celui d’une droite extrême se confondant avec l’extrême droite prônant une Europe-forteresse fermée à toute humanité.

De plus, à un traitement politique des problèmes migratoires se substitue un traitement policier et répressif : les règles juridiques sur les contrôles d’identité, les interpellations et les reconduites à la frontière sont allègrement bafouées sans que la justice trouve à y redire. C’est l’état de droit – fondement de la démocratie – qui recule laissant place à l’arbitraire policier.


Le « Collectif citoyen contre l’imposture politique et la diffusion des idées d’extrême droite » demande l’application de la convention de Genève, l’enregistrement des demandes d’asile politique et un traitement digne et humain des migrant-e-s. Il demande au gouvernement français d’assumer pleinement son rôle de défenseur des droits de l’Homme et de renouer avec la tradition de terre d’accueil et de solidarité qui fait la fierté et l’honneur de notre pays.

La seule réponse possible au drame humain des migrant-e-s et des réfugié-e-s reste comme toujours le retour aux principes fondateurs de notre République, celles d’un état de droit porteur de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

A Nice,

jeudi 9 juillet 2015

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